Il fut un temps pas si lointain où nos enfants rentraient de l’école, posaient leurs cartables et couraient jouer dehors. Ils se disputaient, riaient, tombaient, se relevaient. Ils vivaient. Aujourd’hui, beaucoup rentrent, s’installent dans un coin et disparaissent les yeux rivés sur un écran, les oreilles bouchées par des écouteurs, absents au monde qui les entoure.
Ce n’est pas un jugement. C’est un constat. Et il appelle une réflexion sérieuse de notre part en tant que parents, en tant que musulmans, en tant que personnes responsables de ces âmes que Allah nous a confiées.
Un nouveau visage de l’addiction
Quand on parle d’addiction, on pense instinctivement aux drogues, à l’alcool aux grands interdits. Mais il existe aujourd’hui une addiction d’un nouveau genre, tout aussi destructrice, et infiniment plus banalisée : l’addiction aux réseaux sociaux.
L’enfant qui ne peut pas poser son téléphone. Celui qui s’agite et s’énerve quand on le lui retire. Celui qui perd le sommeil, l’appétit, le goût des vraies conversations. Celui qui préfère une story à un repas en famille. Cet enfant-là est en danger même si personne autour de lui ne s’en inquiète vraiment.
Les études sont sans appel : les enfants qui passent des heures excessives sur les réseaux sociaux développent une faible confiance en eux-mêmes, s’isolent progressivement, sont plus vulnérables à l’anxiété et à la dépression, et peinent à ressentir de l’empathie envers les autres. Ce ne sont pas des effets secondaires mineurs. C’est une atteinte profonde à leur construction en tant qu’êtres humains.
Allah, élevé soit-Il, dit (S : 23/V : 115-116) : « Croyez-vous que Nous vous avons créés en vain et que vous ne seriez pas ramenés à Nous ? Élevé soit donc Allah, Le Roi, Le Vrai. Nulle divinité ne mérite l’adoration hormis Lui, Le Seigneur du noble Trône. »
Ces versets parlent aux adultes mais ils parlent aussi à travers nous à nos enfants. Nous ne sommes pas créés pour le divertissement sans fin. Nous sommes créés pour construire, pour apprendre, pour servir Allah et contribuer à ce monde.
Le Prophète (psl) a dit : « Deux bienfaits dont beaucoup de gens sont perdants : la santé et le temps libre. » (Al-Bukharî)
Combien d’heures nos enfants engloutissent-ils chaque jour dans des contenus qui ne leur apportent rien ni pour leur vie terrestre, ni pour leur devenir ?
Les clefs de la réussite
La première clé est de donner à l’enfant le sens de sa vie. Un enfant qui sait pourquoi il est là, qui a des rêves, des objectifs, une direction cet enfant résiste naturellement à la tentation de l’écran. Parlez-lui de sa valeur. De son potentiel. De ce qu’Allah attend de lui.
La deuxième clé est de lui offrir des modèles. Notre histoire islamique regorge de jeunes qui ont accompli des choses extraordinaires. Oussama ibn Zayd, qu’Allah agrée, fut nommé commandant militaire à dix-huit ans. Ces histoires nourrissent l’ambition et réveillent l’énergie endormie.
La troisième clé est de lui apprendre à gérer son temps. Un enfant qui planifie sa journée, qui a des engagements, des activités, des responsabilités — n’a pas le temps de se perdre pendant des heures dans le vide numérique. Apprenez-lui que chaque heure qui passe est une heure qui ne revient jamais.
La quatrième clé et non la moindre est de veiller sur ses fréquentations. Le Prophète (psl) a dit : « Le bon compagnon et le mauvais compagnon sont comme le porteur de musc et le souffleur de forge. » (Ahmad) Un ami qui construit vaut mille heures d’écran. Un ami qui détruit fait le même dégât.
Notre responsabilité
Nos enfants ne sont pas responsables du monde dans lequel ils ont grandi. C’est nous qui les y avons placés avec les téléphones, les tablettes, les accès illimités. La question n’est pas de culpabiliser, mais de se réveiller.
Allah nous a confié ces enfants comme un dépôt. Et Il nous demandera, un jour, ce que nous en avons fait.
Que ces mots soient, ma sœur et mon frère, une balise sur un chemin long et parfois éprouvant celui de l’éducation de vos enfants, de leur réussite ici-bas et dans l’Au-delà, de leur protection dans un monde qui ne leur fait pas de cadeaux.
Les nuits de doute, les moments de découragement, les questions sans réponse tout cela fait partie du chemin. Mais sachez que le jour où vous verrez votre enfant devenir un homme ou une femme digne, pieux, serviteur sincère d’Allah et élément constructeur dans sa société ce jour-là, vous oublierez toute votre fatigue. Et vos moments les plus difficiles se transformeront en vos plus beaux souvenirs.
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