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Côte d’Ivoire/ Affaire Cotivo-Utexi à Agboville : 11 ans d’attente, deux génération sacrifiées

La société Cotivo (Société Textile d’Agboville), fleuron du Wax et du Jean Wrangler, est au cœur d’un drame social qui dure depuis 2015. D’une part,  des anciens travailleurs de la Cotivo d’avant liquidation, qui attendent leurs droits.  Et d’autre part, celui des travailleurs d’UTEXI-CI (ex-COTIVO-CI), qui ont travaillé de 2015 à 2024 pour le repreneur feu Vassiliki Konaté. Notre reportage

Que s’est-il passé ?

 Après plusieurs années de cessation d’activité, en 2015, s’ouvre le processus de liquidation de cette société et Vassiriki Konaté devient le nouveau propréteur. C’est ainsi, qu’une partie des créances, estimée à 16 milliards FCFA, est réglée. Mais, les droits des travailleurs restent impayés.

Quatre ans plus tard, en 2019, Khatoun, représentant de TEX-CI, se dit prêt à racheter les parts pour 1,5 milliard FCFA. Après des échanges,  le Juge-Commissaire du Tribunal d’Agboville donne son accord. En  2020, le dossier est transmis à la Primature, dans l’attente des diligences pour finaliser la reprise. C’est le début du blocage.

Après Quatre bonnes années d’attente,  l’Etat décide en 2024, d’autoriser le liquidateur à céder les parts pour 1 franc symbolique. En contrepartie, l’État de Côte d’Ivoire s’engage à prendre en charge une partie des créances salariales dues aux anciens employés.

Pour y parvenir, des courriers sont adressés aux actionnaires  notamment État (DGPE), Uniwaw et Uninord. Tous, ainsi que le Juge-Commissaire, donnent leur accord.

18 Septembre 2026 : Réunion cruciale au Cabinet N.A Consulting entre le liquidateur M. N’Guessan Adrien Kobenan et les représentants des ex-employés : M. Behi-Bi, M. Cabletchi Cablan Simplice et M. Djého Alain Roger. Le liquidateur annonce une réunion tripartite Primature / DGPE / Liquidateur prévue le 21 septembre 2026.

 Le cri de cœur des ex-travailleurs de Cotivo

Dans une lettre adressée le 12 juin 2026 à Madame la Responsable de la Médiation de la République, Région Agnéby-Tiassa (Courrier arrivé N°26/670), les ex-travailleurs écrivent : « Nous mourons. Cette situation nous identifie à une précarité indescriptible. »

Ils dénoncent :

– Des cas de maladies non-traitées faute d’argent

– Des décès liés à des maladies irréversibles

– Des foyers brisés faute d’équilibre financier

– Des expulsions pour loyers impayés

– Des enfants déscolarisés et abandonnés dans les rues

– Dignités bafouées sous pression usurière

Ils ont saisi le Médiateur de la République en juillet 2026. La réponse du liquidateur : le dossier est à la Primature depuis 2020.

Le deuxième drame : le dossier Utexi-ci (2015-2024)

C’est la partie la plus sombre. Après la liquidation, les travailleurs disent avoir été réengagés par exploit de contrats verbaux par feu Vassiliki Konaté, du 09 août 2015 au 06 Septembre 2024 soit neuf  (9) ans de travail.

Dans leur courrier adressé à la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) du 1er juin 2026, ils décrivent des conditions inhumaines :

– Pas de déclaration à la CNPS pendant 9 ans

– Pas de médicaments au centre de santé, obligés de recourir aux « médicaments par terre »

– Pas de Comité d’Hygiène et Sécurité (C.H.S.T), accidents classés sans suite, décès ignorés

– Reptiles dans les ateliers de production, eau potable hypothéquée

– Payés sans bulletin, en dessous du SMIG (60.000 FCFA), pas de congés annuels

– Pas de tenues de travail, pas de chaussures de sécurité, menaces de licenciement à chaque interpellation

Ils saisissent l’Inspection du Travail. Le repreneur ne répond à aucune convocation. PV de non-comparution et de non-conciliation transmis au Tribunal du Travail d’Agboville. Feu KONATÉ décède en 2024. Personne pour répondre à la citation. Le Tribunal déboute les travailleurs pour « défaut de défenderesse », dossier irrecevable.

Aujourd’hui, un administrateur nommé par le Tribunal du Plateau Ouattarat Bara Doh, est apparu.

Ils écrivent : « Dislocation des cellules familiales créant une race d’enfants victimes de vices et de passions démesurées, en conflit avec la loi. Que faire pour rétablir notre dignité ? »

La situation actuelle

Le compte rendu du 18 septembre 2026 note trois avancées notamment Behi-Bi a prêté serment pour exercer les fonctions d’Assesseur au Tribunal d’Agboville et le liquidateur a remercié les représentants pour leur sens des responsabilités.

.Egalement, un groupe WhatsApp a été mis en place  entre le liquidateur, son associé Ouattara et les 3 représentants des travailleurs pour faciliter la communication.

La prochaine étape décisive est la réunion tripartite du 21 septembre 2026 à la Primature qui n’a pas pu avoir lieu jusqu’actuellement.

Le dossier Cotivo n’est plus seulement un dossier de liquidation judiciaire. C’est un dossier humain, social et de droits de l’homme.

D’une part, un processus administratif complexe qui traîne depuis 11 ans entre Agboville et Abidjan.  De l’autre part, des familles entières d’Agboville qui meurent dans le silence.

Plusieurs familles  appellent l’État, la DGPE et la Primature à accélérer la finalisation de l’opération à 1 franc symbolique et à honorer l’engagement de payer les créances salariales.

YT/Muslimivoire