Yamoussoukro, 9 juin 2026- La Ministre d’État, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale S.E. Mme Nialé Kaba a présenté devant la Commission des Relations Extérieures du Sénat cinq projets de loi, approuvés à la majorité absolue, autorisant le Président Alassane Ouattara à ratifier plusieurs instruments internationaux couvrant trois domaines stratégiques.
Ainsi, le premier projet de loi autorise le Président de la République, Son Excellence Alassane Ouattara, à ratifier le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux droits des personnes handicapées en Afrique. Adopté le 29 janvier 2018 à Addis-Abeba et entré en vigueur le 3 mai 2024, ce texte complète la Charte de 1981 en luttant spécifiquement contre les discriminations touchant les personnes handicapées, telles que les pratiques superstitieuses néfastes, tout en promouvant l’égalité, l’accessibilité aux services essentiels (éducation, santé, emploi, transport) et leur inclusion pleine dans la société. En Côte d’Ivoire, où plus de 500 000 personnes en situation de handicap ont été recensées en 2021 selon le RGPH un chiffre sous-estimé par rapport aux 15 % de prévalence mondiale estimés par l’OMS et la Banque Mondiale, cette ratification permettra de contextualiser la Convention des Nations Unies dans un cadre africain et de renforcer les dispositions constitutionnelles des articles 32 et 33 sur la protection des personnes vulnérables.
Le deuxième projet de loi porte sur la ratification de l’Accord portant création de la Banque Africaine de l’Énergie (BAE), signé le 4 juin 2024 sous l’égide de l’Organisation des Producteurs de Pétrole Africains (APPO), qui regroupe 18 pays membres dont la Côte d’Ivoire. Issue d’un protocole d’accord entre l’APPO et Afreximbank signé le 16 mai 2022 à Luanda, cette banque dotée d’un capital initial de 5 milliards de dollars américains vise à financer les projets pétroliers, gaziers et énergétiques en Afrique, tout en favorisant une transition ordonnée vers des énergies durables. La Côte d’Ivoire, dont l’économie est l’une des plus performantes du continent, ne saurait demeurer en marge de cette dynamique. En devenant membre de la BAE, elle se donne la possibilité d’accéder à des prêts, garanties et investissements pour ses infrastructures, de renforcer sa sécurité énergétique et de jouer un rôle accru dans les décisions continentales, conformément à l’article 120 de la Constitution qui exige l’autorisation parlementaire pour de tels engagements
Le troisième projet de loi autorise la ratification de l’Accord relatif aux services aériens entre le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire et le Gouvernement de la République Fédérative du Brésil, signé le 13 octobre 2017 à Abidjan. Ce texte formalise un cadre juridique bilatéral sécurisé pour le développement des liaisons aériennes entre les deux pays.
Le quatrième projet de loi porte sur la ratification de l’Accord relatif aux services aériens entre le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire et le Gouvernement de la République d’Angola, signé le 24 juin 2025 à Luanda. Cet accord renforce la connectivité aérienne entre deux des économies les plus dynamiques du continent africain et s’inscrit dans une vision de coopération Sud-Sud, favorisant les échanges humains, économiques et diplomatiques entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique australe.
Enfin, le cinquième projet de loi autorise la ratification de l’Accord relatif aux services aériens entre le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire et le Gouvernement du Sultanat d’Oman, signé le 22 septembre 2025 à Montréal. Ce texte ouvre un nouveau pont aérien vers le Moyen-Orient, région stratégique sur le plan des investissements et des flux commerciaux, positionnant davantage Abidjan comme plateforme de connexion entre l’Afrique, le Golfe Persique et l’Asie.
À l’issue du vote, Madame Nialé Kaba a salué l’adoption de ces textes avec une vive satisfaction, soulignant la qualité des échanges avec les Vénérables Sénateurs et réaffirmant la pleine disponibilité de son département ministériel à poursuivre avec le Sénat un dialogue constructif au service de la politique étrangère ivoirienne.
IBK/Muslimivoire












