Ouagadougou, 14 août 2026-.44 professionnels des médias publics et privés ont participé pendant plusieurs jours à une formation militaire au « patriotisme ». organisée à l’Académie de police de Pabré, à une vingtaine de kilomètres de Ouagadougou.
Au Burkina Faso, 44 journalistes ont participé pendant plusieurs jours à une formation militaire au « patriotisme ». Reporters sans frontières dénonce un nouveau signal inquiétant pour la liberté de la presse.
La scène est inhabituelle : des journalistes burkinabè en tenue militaire, fusils à la main, au garde-à-vous.La formation, organisée à l’initiative du ministère de la Sécurité, s’est déroulée de dimanche à vendredi. Des images diffusées par la télévision publique RTB montrent les journalistes effectuer des exercices physiques, chanter et manier des armes.
Le ministre de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, leur demande notamment s’ils seront des « journalistes patriotiques et professionnels ». Ils répondent en chœur : « Affirmatif ».
Selon le directeur général de l’Académie de police, Lassina Traoré, l’objectif est de faire découvrir aux journalistes « les réalités opérationnelles et les valeurs » des forces de défense et de sécurité. Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, veut même aller plus loin. Il a annoncé que cette formation devait devenir une « tradition », avec une nouvelle session organisée chaque année pour les professionnels des médias.
Le dispositif pourrait également être étendu à « d’autres groupes socio-professionnels ».
Cette initiative suscite une vive inquiétude chez les défenseurs de la liberté de la presse. « Cette initiative est un nouveau signal très inquiétant pour la liberté de la presse », a réagi auprès de l’AFP Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de Reporters sans frontières (RSF).
L’organisation rappelle que les journalistes ne sont pas des militaires et ne doivent pas devenir des « relais de l’effort de guerre ». RSF demande notamment aux autorités burkinabè de préserver l’indépendance des médias.
Tandis que le gouvernement burkinabè revendique de son côté une politique souverainiste et affirme mener une « révolution progressiste populaire ».
MBS/Muslimivoire











