En Arabie saoudite, où l’alcool est interdit depuis plus de 70 ans, une petite révolution se fait en silence. À Riyad, un magasin longtemps réservé aux diplomates vend désormais discrètement whisky, vin et champagne à certains étrangers non musulmans.
Il leur est désormais possible de s’approvisionner dans le premier et unique magasin de boissons alcoolisées du pays, ouvert en janvier 2024 et jusqu’ici réservé aux diplomates non-musulmans, situé dans le quartier diplomatique de Ryad, à l’ouest du centre-ville.
Mais l’accès reste extrêmement limité : seuls les détenteurs de la très coûteuse “résidence premium” et gagnant au moins 50 000 riyals par mois soit environ 13 000 dollars peuvent y entrer. Un certificat de salaire est même exigé pour prouver ce niveau de revenus. Sur place, les clients décrivent un magasin pris d’assaut, une sécurité très stricte et des prix extravagants : une bouteille de vin peut coûter cinq fois son prix aux États-Unis. Les achats sont plafonnés par un quota mensuel lié à l’identité du client, signe que l’opération est étroitement encadrée.
Cette ouverture ultra-sélective s’inscrit dans la stratégie de “modernisation” menée par Mohammed ben Salmane : avancer vite, mais discrètement, sans annonce officielle, pour éviter un choc dans une société encore conservatrice. L’accès à l’alcool, réservé à une élite expatriée, en est l’illustration la plus récente.
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