L’imam Abubakar Abdullahi, un dignitaire musulman nigérian, figure respectée du Plateau State reconnu internationalement pour avoir sauvé des centaines de chrétiens lors des violences communautaires dans le centre du Nigeria, est mort jeudi soir à l’âge de 92 ans, à l’hôpital spécialisé de Jos, des suites de complications cardiaques. L’imam Abubakar Abdullahi est mort jeudi soir des suites d’une maladie cardiaque, a confirmé son fils à BBC Hausa.
Originaire du village de Nghar, l’imam Abdullahi s’était illustré en juin 2018 lors des violences intercommunautaires dans la zone de Barkin Ladi.après avoir protégé 262 chrétiens qui fuyaient des attaques meurtrières dans l’État du Plateau.
Au plus fort des attaques menées par des hommes armés, il avait ouvert sa mosquée et son domicile pour les mettre à l’abri leur sauvant la vie au péril de la sienne. Ce geste de courage lui avait valu une reconnaissance bien au-delà du Nigeria.
En 2019, il a reçu le Prix international pour la liberté religieuse du département d’État américain, remis par l’ancien secrétaire d’État Mike Pompeo. En 2022, l’ex-président nigérian Muhammadu Buhari lui a également décerné l’une des plus hautes distinctions nationales.
Les hommages se sont multipliés après l’annonce de son décès. Le gouverneur du Plateau State, Caleb Mutfwang, a salué un homme « de foi, de compassion et de justice », dont l’action a renforcé la coexistence et le dialogue interreligieux. Il a qualifié sa disparition de « perte monumentale », saluant une vie marquée par « un engagement indéfectible en faveur de la paix, de l’unité et de la protection des plus vulnérables ». L’ancien vice-président Atiku Abubakar a, lui aussi, rappelé le rôle exemplaire de l’imam durant la crise de 2018, appelant à faire vivre l’héritage de paix qu’il laisse derrière lui.
L’imam Abubakar Abdullahi a été inhumé vendredi à Nghar, après la prière du vendredi. Son parcours reste, pour beaucoup au Nigeria, un symbole rare de courage moral et d’humanité partagée.
La disparition de l’imam Abubakar Abdullahi rappelle ce qui manque dans beaucoup de régions touchées par les violences communautaires au Nigeria : des figures morales capables de refuser la logique de la haine et de traduire la religion en actes concrets.
En ouvrant sa mosquée à des chrétiens menacés, il a montré que la foi peut protéger, apaiser et sauver, plutôt que diviser. Dans un contexte où les conflits identitaires sont souvent attisés ou utilisés à des fins politiques, son parcours interpelle directement les responsables religieux et politiques sur leur capacité à faire vivre, au-delà des discours, une véritable culture de protection des civils, de respect de la vie humaine et de coexistence.
AB/Muslimvoire












