Muslim Ivoire

L'information à la loupe

Mali/ A deux de la tabaski : les moutons hors de prix

Bamako, 14 mai 2026- À deux semaines de la Tabaski, les moutons n’inondent pas les rues de Bamako comme les autres années. Insécurité, transport coûteux et flambée de l’aliment bétail pèsent déjà sur les prix.

Selon le journal du Mali, dans plusieurs points de vente de la capitale, l’offre reste limitée alors que la demande commence à monter. La situation sécuritaire sur les principaux axes d’approvisionnement, le renchérissement du transport et la cherté de l’alimentation pour le bétail compliquent l’arrivée des animaux à Bamako. Alors que les autorités et les acteurs de la filière s’activent pour garantir l’approvisionnement, les moutons présents sur les marchés sont déjà proposés à des prix élevés.

Cette « situation impacte déjà les prix, parce que le peu d’animaux disponibles coûte cher », explique Zoumana Coulibaly, Secrétaire administratif de la Filière Bétail Viande du Mali. Selon lui, la fermeture de plusieurs marchés à bétail dans la capitale et dans certaines localités du pays rend difficile la collecte des animaux. Cette contrainte est aggravée par le coût du transport et l’insécurité sur les trajets, qui limitent les déplacements vers les zones de production.

Le revendeur de moutons argumente en soulignant que : « L’année dernière, le coût du transport d’un mouton variait entre 1 750 et 2 000 F CFA. Mais cette année, il faut débourser jusqu’à 5 000 F CFA par tête. »

Des tarifs qui impactent l’approvisionnement des marchés à bétail improvisés à l’occasion de la fête. « Les clients viennent nombreux, mais les moutons se font rares », lance-t-il.

Dans ce contexte, chaque vendeur répercute sur le prix des moutons les frais supportés pour leur acquisition. « Cette année, c’est très compliqué. Avant, je me déplaçais pour acheter les animaux dans les zones de production. Cette année, ce n’est pas possible », témoigne un vendeur. Des moutons cédés entre 125 000 et 150 000 francs CFA l’année dernière sont aujourd’hui proposés entre 200 000 et 250 000 francs.

De nombreux chefs de famille témoignent de la cherté des moutons, même si certains ont déjà réussi à s’en procurer. C’est le cas de Brehima Keita, résident à Djicoroni Para.

« Un mouton coûte très cher aujourd’hui, mais j’espère que cette situation est temporaire », souhaite monsieur Keita. Il affirme avoir acheté son bélier de Tabaski à 160 000 F CFA et que les préparatifs de la fête vont bon train de son côté. « J’ai quand même fait plusieurs va-et-vient avant de trouver le mouton », ajoute le chef de famille.

IBK/Muslimivoire