Face à la situation catastrophique à Gaza, l’Union internationale des savants musulmans (IUMS) réputée proche des Frères musulmans, a appelé les musulmans à mener le jihad contre Israël. Une prise de position radicale que le grand mufti d’Égypte, Nazir Ayyad, a sévèrement condamnée, dénonçant une initiative « irresponsable » qui met en péril la stabilité du monde musulman.
Pour Nazir Ayyad, aucune organisation, aussi prestigieuse soit-elle, n’a le droit de s’arroger le pouvoir de lancer des appels au jihad, surtout dans un contexte aussi explosif. « Ce genre d’appel, lancé sans tenir compte des réalités politiques, militaires et économiques des nations, est non seulement contraire aux principes de la charia, mais représente une menace directe à la sécurité des sociétés musulmanes », a-t-il affirmé.
Si l’IUMS justifie sa fatwa par les atrocités commises par Israël à Gaza — où plus de 50 000 Palestiniens ont déjà été tués depuis octobre 2023, NazirAyyad insiste sur la nécessité d’un soutien intelligent, construit et cohérent aux Palestiniens, loin de tout populisme religieux. « Défendre Gaza, oui. Mais pas en envoyant des peuples entiers dans l’abîme sous couvert de nobles intentions », a-t-il averti.
Cette mise en garde vise clairement les discours enflammés qui, sous prétexte de solidarité, risquent d’alimenter le chaos et d’exposer encore davantage les populations civiles déjà meurtries. Le mufti rappelle que seule une autorité politique reconnue peut déclarer une guerre ou un jihad, et non des unions religieuses autoproclamées, dont les appels manquent de légitimité et de sens des responsabilités. Dans un contexte où l’Égypte reste liée à Israël par un traité de paix depuis 1979, d’autres voix, comme celle du prédicateur salafiste Yasser Burhami, ont également dénoncé la fatwa de l’IUMS, soulignant son incompatibilité avec la réalité géopolitique.
Alors que Gaza est totalement ravagée, que l’aide humanitaire reste bloquée et qu’une partie de la communauté internationale demeure silencieuse face à ce génocide , certains choix de mots peuvent enflammer les poudres. Et dans un tel moment, les leaders religieux ont un devoir de mesure, pas d’exaltation.
Avec oumma.com












