Le dernier sondage Ifop sur le rapport des jeunes musulmans à l’islam et les conclusions qui en ont été tirées ont suscité l’émoi et la colère auprès de nombreux acteurs du culte musulman en France. Face à la controverse qu’elle suscite, trois instances ont fait le choix d’attaquer l’étude devant la justice.
Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a dénoncé dans un communiqué l’« instrumentalisation » d’un sondage Ifop commandé par la revue Écran de veille, accusant l’étude de contribuer à une « mise à l’index » des musulmans de France. L’organisation conteste plusieurs données et analyses, jugeant certaines conclusions « approximatives » et « dépourvues de valeur scientifique » en raison de « nombreux biais méthodologiques », notamment liés au mode d’enquête téléphonique ou à l’auto-déclaration religieuse. Le CFCM estime que ces résultats s’écartent de travaux solides menés par l’INSEE, l’INED ou le CNRS, références pour analyser l’islam en France.
Selon le CFCM, certaines questions du sondage portant notamment sur la « charia » ou sur des « sympathies » supposées envers des courants extrémistes reposent sur des notions floues, mal définies et souvent méconnues du grand public, ce qui fragilise l’interprétation des réponses.
« Ce sondage viole le principe d’objectivité posé par la loi du 19 juillet 1977 relative à la publication et la diffusion des sondages d’opinion, se fonde sur des questions orientées et se focalise sur des résultats minoritaires mis en avant à des fins polémiques », font part les avocats Raphael Kempf et Romain Ruiz dans un communiqué en date du samedi 22 novembre dans lequel est annoncé le dépôt d’une plainte contre X.
Le CFCM estime enfin que la diffusion de termes comme « réislamisation », « intégrisme » ou « absolutisme religieux », sans définition rigoureuse, contribue à « brouiller le débat public » et à renforcer les discours alarmistes.
L’instance appelle à un usage plus responsable des études portant sur les minorités religieuses, alors que les actes antimusulmans sont en nette progression selon elle. Alertant sur une « dérive sémantique » du débat public, le CFCM appelle à la responsabilité, estimant que certains termes inquiétants diffusés par le sondage nourrissent un climat de suspicion généralisée envers les musulmans et leurs lieux de culte.
IBK/Muslimivoire












