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Finance/Le riba (l’usure) dans les transactions d’or et d’argent : règles et procédés corrects

Le commerce de l’or et de l’argent est l’un des domaines où le ribâ (l’usure) est le plus susceptible de se glisser, souvent à l’insu même de ceux qui le pratiquent. Les bijoutiers, les orfèvres et les commerçants en métaux précieux sont particulièrement exposés à ces infractions, en raison de la nature même de leurs transactions : échange de métaux de même nature, ventes à terme, opérations en devises. La Sunna prophétique a posé des règles très précises pour ces échanges, et leur méconnaissance ne constitue pas une excuse une fois que l’interdiction est connue. Cet article expose les formes les plus courantes du ribâ dans ce secteur, avec les procédés corrects qui permettent de s’en préserver.

Les transactions interdites chez les bijoutiers

Échanger des bijoux en or sans paiement préalable

Le bijoutier achète des bijoux en or à quelqu’un, puis lui vend des bijoux en or de son magasin différents des premiers en poids  sans lui avoir payé au préalable le premier or. La même chose s’applique à l’argent.

C’est un riba (l’usure), car c’est une vente d’or contre de l’or avec une différence de poids. Abou Saîd Al-Khoudriyy  qu’Allah agrée  rapporta que le Messager d’Allah (psl) a dit : « Ne vendez pas l’or contre l’or, ni l’argent contre l’argent sauf à poids égal, en quantités égales, sans la moindre différence. Si ces espèces diffèrent, vendez comme vous voulez à condition que ce soit de main à main. »

Le procédé correct dans cette vente est le suivant : le bijoutier remet au vendeur la valeur des premiers bijoux en or, puis, si le vendeur le souhaite, il achète de lui d’autres bijoux ou de quelqu’un d’autre. Le mieux et le plus sûr est qu’il vende les anciens bijoux, en encaisse le prix, puis achète de quelqu’un d’autre. Car il se peut que le bijoutier lui donne un prix plus élevé pour ses anciens bijoux afin de l’inciter à acheter de nouveaux chez lui  ce qui introduit un élément de tromperie dans la transaction.

Vendre de l’or contre de l’argent avec délai

L’un d’eux vend au bijoutier une certaine quantité d’or et doit recevoir en échange une certaine quantité d’argent après un délai convenu entre eux.

Ceci est du ribâ (l’usure) : il a vendu de l’or contre de l’argent différé. Ouaâda ibn As-Samit —qu’Allâh agrée  rapporta que le Messager d’Allah  (psl) a dit : « L’or contre l’or, l’argent contre l’argent, le blé contre le blé, l’orge contre l’orge, les dattes contre les dattes, le sel contre le sel, en quantités égales, sans la moindre différence, de main à main. Lorsque les espèces sont différentes, vendez alors comme vous voulez, si c’est de main à main. »

Le procédé correct dans cette vente est le suivant : le bijoutier donne au vendeur la quantité d’argent spécifiée dans la même séance et sans délai, comme il l’a dit dans le hadith précédent : « vendez alors comme vous voulez, si c’est de main à main. »

Vendre de l’or ou de l’argent contre une monnaie différée

Quelqu’un vend de l’or ou de l’argent à quelqu’un d’autre contre une somme d’euros ou de dollars qu’il doit lui donner après un certain délai, ou qu’il lui en donne une partie et diffère le reste. Ceci est du riba (l’usure), même si le délai est court.

Abou Saîd Al-Khoudriyy  qu’Allah agrée a dit : « Le Messager d’Allah (psl) a dit : « Ne vendez pas une chose différée contre une autre au comptant sauf de main à main. »

Ce procédé  vendre l’or contre une monnaie différée, comme vendre de l’or contre des euros, des dollars ou d’autres monnaies en papier qui remplacent l’or et l’argent   n’est en aucun cas permis avant la séparation des deux parties. S’ils se séparent, même pour une courte période, en disant : « Je vais chercher l’argent au bureau de change, à la banque ou à la voiture », ceci n’est pas permis, à moins qu’ils ne renouvellent le contrat de vente lorsque la somme est apportée.

La règle générale pour les transactions en métaux précieux et en monnaies

Même espèce : égalité et encaissement immédiat obligatoires

Si les biens échangés sont de même espèce  tels que l’or contre l’or, l’argent contre l’argent, l’orge contre l’orge — ils doivent être en quantités égales, sans la moindre différence, et doivent être remis au moment de la conclusion du contrat, sans le moindre délai.

Espèces différentes : encaissement immédiat obligatoire, pas d’égalité requise

Si l’un des biens mentionnés dans le hadith est vendu contre une espèce différente  comme l’or contre l’argent, l’argent contre l’or, ou l’orge contre le blé.  Il n’est pas nécessaire qu’ils soient en quantités égales. Seul l’encaissement immédiat est exigé : les deux biens doivent être remis au moment de la conclusion du contrat, sans aucun délai.

Aucun délai n’est permis, même court

Le règlement doit être effectué avant la séparation des deux parties, quelle que soit la monnaie concernée : euro contre euro, euro contre dollar, or contre euro, argent contre dirham. Il n’est en aucun cas permis de se séparer avant le règlement intégral. Si l’une des parties dit : « Je vais chercher l’argent », le contrat doit être renouvelé à son retour  la simple parole donnée avant la séparation ne suffit pas.

Un appel à la vigilance et à la crainte d’Allah

Les marchés de l’or sont, malheureusement, parmi les marchés les plus exposés aux infractions légales (Charia). Beaucoup de commerçants y tombent dans le riba sans s’en rendre compte, faute d’avoir appris les règles qui régissent leurs transactions. Alî ibn Abî Tâlib qu’Allah agrée a dit : « Celui qui commerce avant d’apprendre la religion tombera, certes, dans le riba (l’usure), puis tombera encore et encore. »

Que celui qui commerce en or, en argent ou en devises craigne Allah et apprenne les règles de ses transactions avant de s’y engager. Car la bénédiction d’un gain licite  même modeste vaut infiniment mieux que la richesse d’un gain illicite qui attire la colère d’Allah et prive son auteur de la bénédiction dans sa vie et dans ses biens. Le Messager d’Allah (psl) a dit : « Demandez à Allah la préservation, car aucun bien n’a été donné à quelqu’un de meilleur, après la certitude, que la préservation. »

TK/Muslimivoire