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Côte d’Ivoire/ Election présidentielle : Le scanner  des profils retenus

Mardi 8 septembre 2025, le conseil constitutionnel ivoirien présidé par la magistrate hors hiérarchique Chantal  CAMARA a proclamé la liste des candidats retenus pour les échéances d’octobre 2025. L’on note parmi ces candidats, deux femmes et trois hommes. Ce que révèlent les profils des candidats retenus.

Alassane OUATTARA

Le Président sortant Alassane Dramane Ouattara (RHDP), âgé de 83 ans, est candidat à sa propre succession. Au pouvoir depuis 2011, il brigue un 4e mandat consécutif à la tête du pays. Grâce à lui,  la Côte d’Ivoire a bénéficié de taux de croissance du PIB souvent supérieurs à 7 % depuis 2011, culminant à 9,5 % en 2012, et restant robustes autour de 6–7 % avant la pandémie. En 2024, la croissance était estimée à 6,1 %. L’investissement global est passé de 14,1 % à 26,2 % du PIB, avec une nette hausse des investissements privés (19 % du PIB contre 8,1 % en 2011).

Le climat des affaires s’est considérablement amélioré avec la  création d’entreprise réduite à un jour (contre 30 jours auparavant), coût de création abaissé fortement, et classement Doing Business remonté de la 168ᵉ à la 110ᵉ place. Modernisation spectaculaire des infrastructures  notamment les routes, les  ponts, l’électrification rurale, les  ponts majeurs comme le Pont Alassane Ouattara inauguré en 2023.  

Des mesures pour apaiser la période postélectorale difficile, l’indemnisation de 4 410 victimes (environ 975 000 F CFA chacune),  la grâce présidentielle à Laurent Gbagbo avec retour autorisé en Côte d’Ivoire,  le rapatriement de soldats et des Ivoiriens en Tunisie.

Malgré la croissance, environ 40 % de la population vit encore sous le seuil de pauvreté. Dans certaines zones rurales, la pauvreté atteint jusqu’à 66 %. En outre, les bénéfices de la croissance sont mal répartis, creusant les fractures entre villes et campagnes, et entre classes sociales.

Malgré des avancées comme la création de la haute autorité pour la bonne gouvernance, la meilleure position sur l’indice de perception de la corruption, le problème demeure structurel.

Ahoua DON MELLO

Ancien membre du Parti des Peuples Africains (PPA-CI), il a une expérience avérée dans la gestion publique.  Il occupe le poste de  vice-président des BRICS chargé des projets stratégiques, conseillé pour plusieurs chefs d’Etat africains.  Cela renforce son image de leader panafricaniste capable de repositionner la Côte d’Ivoire dans un ordre multipolaire. Fondateur du Mouvement Souverainiste de Côte d’Ivoire pour rassembler une nouvelle force politique.  Il a une vision souverainiste et un projet alternatif structuré.

Toutefois, sa rupture politique au sein du PPA-CI  l’a isolé politiquement. Son ancrage populaire reste incertain, surtout dans les zones rurales ou auprès de l’électorat traditionnel du PPA-CI . Le caractère stratégique et circonstanciel de sa  candidature  déclenchée par l’exclusion de Gbagbo Laurent  peut nuire à sa crédibilité.

Dr Simone GBAGBO

Ancienne première dame (2000-2011), Dr Simone Gbagbo bénéficie d’une forte visibilité de la gauche chrétienne. Candidate du Mouvement des Générations Capables (MGC) et porte parole  du CAP-CI, elle promeut un discours centré sur la paix, la justice et l’unité-nationale, et appelle à des réformes incluant une amnistie générale. Ancienne député de la Commune d’Abobo, elle a été vice-présidente du Front Populaire Ivoirien (parti au pouvoir de 2000-2011).

Considérée comme la patronne ‘’des escadrons de la mort’’ ayant occasionné la disparition de plusieurs personnes, beaucoup d’ivoiriens gardent une mauvaise image d’elle. Agée de 75 ans, malgré son amnistie par le président ADO, beaucoup de parents la considèrent comme l’auteur de la crise postélectoral de 2010.

Henriette LAGOU

Ancienne ministre de la Famille, de la Femme et de l’Enfant sur le pouvoir du Président Laurent GBAGBO, ainsi qu’ancienne membre de la Commission centrale de la CEI, elle est la fondatrice du Rassemblement pour la Paix et le Congrès (RPC-PAIX) désormais partie intégrante de la coalition GP-PAIX. Dans son agenda, elle souhaite éradiquer la pauvreté en mettant en place l’office  ivoirien de la diaspora, programme pour les jeunes, femmes, investissements ciblés, et un vaste plan de logement sociaux.  En outre, elle se représente pour la seconde fois après 2015 où elle a obtenu 0,89%des voix, avec 27 759 suffrages.

Malgré son profil institutionnel, elle reste une figure excentrée dans le paysage politique. Sa coalition GP-PAIX  rassemble de petits partis, qui n’ont aucun bastion politique, ni de représentant à l’Assemblée Nationale encore moins dans une mairie. Ses activités sont  peu médiatisées, ce qui pourrait nuire à sa crédibilité  et son attractivité.

Jean Louis BILLON

Agé d’environ 60 ans, il incarne une  génération  politique nouvelle, rafraichissant le paysage traditionnel dominé par des figures octogénaire comme Gbagbo et Ouattara.  Ancien ministre du commerce, ancien président du conseil régional du Hambol et actuel député de Dabakala, centre nord, Billon plaide pour une gouvernance rénovée, notamment la démission des ministres avant toute candidature élective.  En tant que ministre du commerce, il a initié plusieurs projets structurants pour les PME, tels que le projet Phoenix, le Marché Ivoirien de l’Artisanat (MIVA).

Malgré son statut économique, il reste fragile sur le plan électoral. L’absence d’une base populaire bien implantée est un handicap pour lui.   BILLLON est perçu comme un ‘’nouveau venu’’ par certains cadres du PDCI-RDA.  Sa candidature est parfois vue comme motivée par des intérêts individuels plutôt que par une vision collective. 

La rédaction/ Muslimivoire